Dimanche 13 : Unzen, 80 000 enfers pour un volcan, se faire cuire un œuf
Avec ses dizaines de volcans en activité et sa population adepte des bains très chauds, le Japon est le pays du thermalisme, parfois extrême. Il était donc indispensable pour que notre périple soit complet, que nous fassions une étape dans une de ces stations qui profitent de l’activité géothermique intense de l’archipel. La presqu’île de Shimabara, près de Nagasaki, compte un volcan en activité dont la dernière spectaculaire irruption date de 1993. La station voisine d’Unzen réputée depuis l’époque médiévale pour ses geysers et autres sources chaudes jaillissant à 120 degrés est donc notre destination du jour.
Une fois de plus, Franck nous guide de trains en bus et nous arrivons à destination à Unzen vers midi. La gentille dame du supperbe ryokan ‘Kaseya’ nous acceuille chaleureusement et nous propose de nous montrer ‘un bon restaurant’, sans doute de la famille, mais effectivement bon, proche et bon marché: de quoi nous donner des forces pour le programme de l’après midi.
La dernière baguette de riz avalée, nous partons illico vers les ’80.000 enfers’ (rappelant autant de tentations donc potentiels péchés dans la religion Bouddhique):
marmites bouillonantse, geysers siflants et bains fumants sont juste de l’autre coté de la route. Les ‘enfers’ furent le triste lieu du supplice d’une trentaine de chrétiens ‘récalcitrants’ au 17eme, mais elles sont sutout un phénomène geo-thermo-chimiques qui interesse petits et grands.
Une dame dans une boutique à l’entrée du parcours nous propose littéralement d’aller nous faire cuire un oeuf dans une des marmites naturelles. Pas besoin d’oeuf pour sentir l’odeur caractéristique du soufre qui nous prend à la gorge. La chaleur des bouillons et geyser s’ajoute à la température déjà fort élevée. L’enfer, c’est ici!
Vers 15h nous décidons alors d’aller checher un peu de fraicheur en altitude, sur les versants du volcan. Nous commencons la balade par une ascension assez abrupte sur 3km, sous une chaleur écrasante, avant de rejoindre le téléphérique qui nous emmene au sommet du mont Myoken. Encore une petite montée et nous découvrons un paysage splendide. La brume de chaleur nous cache un peu la mer intérieur, mais le relief aux alentours est spectaculaire: montagnes très ‘jeunes’ et donc encore très pointues, forêt très dense qu’on devine boostée par un sol volcanique très fertile, et puis surtout, le dome de lave apparu lors de l’éruption de 91 et la trainée de la de 93. Nous faisons une rapide balade au sommet en gardant bien en tête que le dernier départ sonnera à 17h31. La précision des horaires n’a pas changé, ni le nombre de gents necessaire à faire fonctionner le téléphérique. Nous étions 7, ils étaient autant + la ‘petite voix’ qui nous suit sans cesse pour nous dire de faire attention à la marche, de ne pas coincer nos doigts dans les portes, de ne rien oublier sur notre siège, de refermer la porte des WC, j’en passe et des meilleures.
Le retour vers le camps de base fut plus rappide (en descente, plus au frais et avec l’espoir grandissant d’un bain à l’oeuf pourri au ryokan). Notre hotesse nous surprendra avec sa proposition de diner à l’hotel alors que nous pensions vaquer à notre exercice de recherche du diner familial idéal quotidien, mais tout compte fait ça tombe bien, on a mal au pied, il est 18h30 et un diner en yukata ne nous deplairait point à ce stade. Alléchés par la perspective de sentir l’oeuf toute la nuit, et de tester le système sur notre propre chrétien récalcitrant, les trois hommes décident alors de suivre l’exemple des filles et vont ensemble se décrasser et délasser dans leur onsen. Chez les filles, l’eau est trouble et sent un peu le souffre. Ses vertues contre les rhumatismes et problèmes de peau nous font oublier ces détails et nous entrons dans une baignoire très chaude (58 degrès!). Un bon coup de robinet d’eau froide rendra la soupe beaucoup moins inconfortable.
Notre hote vient nous chercher sans notre chambre pour l’heure du repas. Discrète, elle en profitera pour installer nos futons.
Le diner est une fois de plus une débauche de petits plats délicieux. Du poulet au poivre, un gratin de légume, des dés de tufu frits en beignets, du sashimi accompagné de son wasabi mortel, un peu de gigembre, du porc sauce soja-cacahuètec une soupe miso, trois tempuras, du riz, du thé vert… on passea sur le nombre de Kirin encore ce soir.
Après une telle chaude journée, un dernier tour aux ‘enfers’ s’impose pour les adultes. Nous reparcourons la balade au clair de lune et en yukata, comme les rares promeneurs que nous rencontrons. Les phénomènes sont d’autant plus saisissants que la nuit est calme et fraiche. On entend les borborygmes de la terre, tandis que des courants de chaleurs passent, portés par le vent. Des colonnes de fumée soufrée montent dans le ciel et cachent la lune. C’est l’heure d’aller se coucher!




le 13 July 2008 à 19:28 h
quelle journée de rêve encore pour vous!
Il y a 40 on se mariait à la Mairie d’Haubourdin
Y -a-t-il une signification bouddhique que nos 3 zenfants soient sur un volcan à cette date?
Ici, pas de volcans pais piscine tte la journée (beau mais frais) enfants gentils et en pleine forme et feu d’artifesse ce soir,en guise d’irruption.
Baba with love.
Comment va votre japonais? Josu?
le 14 July 2008 à 15:41 h
Je reprends la lecture du blog et je vois que l’aventure continue de plus belle. C’est une vraie invitation à découvrir le Japon, loin de ce qu’on en imagine.
Ce midi, côme qui est rentré de son stage de cannyonning hier a dit, demain c’est l’anniversaire de Mado. Alors, pour être sûre d’être la première à lui souhaiter, je profite de cet espace pour dire JOYEUX ANNIVERSAIRE MADO.
grosses bises à tous, à bientôt.
Florence
le 14 July 2008 à 18:22 h
o tanjobi omodeto Mado!