Mercredi 2 : Nikkô, sanctuaire Toshogu, Turtle inn et Jizôs, c’est le pied
Le train
Réveil matinal aujourd’hui : il faut quitter les chambres où nous séjournons depuis une semaine à l’hôtel Edoya. Chacun doit transférer dans un petit sac à dos ce dont il aura besoin dans les quatre prochains jours, où nous serons en vadrouille loin de Tokyo. Le reste de nos affaires est regroupé dans les grands sacs qui resteront dans la petite pièce d’entreposage de l’hôtel jusqu’à notre retour. Il faut donc trier entre nécessaire et superflu; il faut également faire sécher une dernière lessive avant de partir.
Après un détour rapide par le magasin “Yodobashi camera” en face de la gare de Ueno pour acheter un pied pour appareil photo (enfin des photos nettes sans flash…), nous arrivons devant l’agence de voyage JR. Celle-ci n’ouvre qu’à 10h30 et une petite file d’attente s’est déjà sagement formée devant la porte. Nous activons nos “JR Pass” qui nous permettront d’emprunter toutes les lignes des chemins de fer nationaux jusqu’au 15 juillet.
Puis nous rejoignons le quai N°20 du train superexpress Tohoku Shinkansen qui part A 10h51. Juste le temps pour Igor de se faire photographier devant quelques-unes des toutes nouvelles motrices de ce TGV japonais au nez en “bec de canard”.
L’entrée du Tohokushinkansen en gare de Ueno, filmé par Igor
Nous montons dans un wagon au hasard : à cette heure un jour de semaine, le train est loin d’être plein. C’est un wagon à deux étages, nous choisissons le bas. Il n’y a qu’un arrêt intermédiaire, et nous voici déja arrivés à Utsunomia après environ une heure de trajet. Une grande partie de ce trajet s’effectuant entre des murs antibruit (zone urbaine ininterrompue oblige), il n’y avait rien à voir par la fenêtre. A Utsunomia, nous avons une demie-heure de battement avant l’arrivée du train pour Nikko; c’est à dire le temps pour chacun de choisir tranquillement à la boutique de la gare de quoi pique-niquer (beaucoup de nigirisushis triangulaires thon-mayonnaise, que nous avons maintenant rebaptisés des “corbaks” ou “kôrubakku”.)
Le train pour Nikko arrive avec 10 minutes d’avance, c’est un train ordinaire type train de banlieue japonais composé de quatre wagons à trois porte avec banquettes latérales. Nous nous installons et le train s’ébranle à 12h38. Petit à petit nous nous extrayons enfin de la ville ininterrompue depuis le début du trajet : quelques champs de riz commencent à apparaître ça et là , puis des bosquets. Enfin, la campagne japonaise avec ses petites parcelles carrées. Tout est d’un vert très soutenu en cette saison humide. Dans le train, toujours autant d’écolières en unifome, juppe plissée et chaussettes remontées jusqu’aux genoux.
Environ 45 minutes et 6 stations plus tard, nous arrivons au terminus de la ligne : la gare de Nikko.
Nikko
Là , nous vérifions dans nos papiers la ligne de bus à emprunter pour rejoindre le Turtle Inn pendant que les enfants tamponnent leurs carnets de voyage (Où ils collent billets et tickets en souvenir, et font quelques dessins le soir. Celui d’Igor et Mado est déjà presque rempli). 20 minutes plus tard, le bus nous dépose au centre de la ville, à cinq minutes de marche de l’auberge. C’est un lieu que nous avons déjà souvent fréquenté; pour la dernière fois il y a 12 ans avec Baba et Madolia bébé.
L’endroit n’a pas changé, en bordure du torrent (rivière Daiya) et à deux pas du petit chemin avec l’alignment de 80 jizôs à bavettes et bonnets tricotés en laine rouge.
Le temps de déposer nos bagages et nous partons à pieds en direction des temples des “trésors nationaux”, situés un peu plus haut dans la montagne, au milieu des grands arbres de l’autre côté de la rivière.
Le Toshogu
Le plus beau et le plus grand d’entre eux (il y en a cinq principaux) est le sanctuaire de Toshogu, dédié au grand shôgun Tokugawa. Un billet combiné à 1000 Yens par adulte nous permet de le visiter en entier et de prendre de nombreuses photos (avec le nouveau trépied télescopique),
puis de visiter le sanctuaire voisin de Futaarasan. Il est déjà 16h30 quand nous ressortons de ce dernier, et les autres temples sont en train de fermer. Nous les visiterrons rapidement “de l’extérieur” avant de découvrir un magnifique petit jardin japonais caché derrière le temple Rinnoji. La floraison étant plus tardive dans la montagne, les buissons d’azalées sont encore en fleurs. Voir photos.

Nous redescendons tranquillement vers le pont sacré de Shinkyo, qui ne sert plus qu’à être photographié, car il est actuellement fermé au public, et de toute façon barré à une extrêmité par la route nationale.
Sembei, jizôs et restaurant
Puis nous nous enfonçons un peu dans la ville quasi-déserte : nous sommes hors saison touristique (c’est officiellement la saison des pluies au Japon) et en semaine, il règne donc une ambiance étrange à Nikko, que nous n’avons jamais eu l’occasion de visiter avec si peu de monde. Les seules personnes croisées dans la rue sont des petits groupes d’occidentaux qui rejoignent leurs hôtels. Les bus de coréens qui visitaient les temples s’en sont retournés vers Tokyo. La plupart des restaurants sont fermés. Nous en repérons tout de même un qui reste ouvert jusqu’à 20h, ce qui nous laisse le temps, une fois une provision de gâteaux secs sembei à la sauce soja achetée chez un petit épicier, d’aller rendre visite à la série de petits jizôs cachés près de la rivière. En province au Japon, ce n’est pas comme à Tokyo où de nombreuses supérettes de quartier ou restaurant sont ouverts 24h sur 24. Ici, il faut se méfier car passé 19h ou 20h on ne trouve souvent plus de restaurant où dîner. Nous avons cependant une longue expérience du problème, et ne nous laisserons pas piéger
Il fait déjà très sombre, mais nous sommes maintenant équipés pour prendre des photos avec un très long temps d’exposition, jugez-en plutôt.
A la nuit tombante nous rejoignons le petit restaurant repéré plus tôt, dont la spécialité est les gyôzas (raviolis chinois, mais préparés à la japonaise c’est meilleur…). Le restaurant est entièrement tapissé de petits messages et de cartes de visites laissés par des étrangers de passage. Des français ont même dédicacé leur carte d’électeur.
Nous rentrons à l’auberge dans le noir en longeant la rivière. Les filles guettent maintenant le moment où le onsen se libèrera pour aller prendre un bon bain chaud avec vue sur le petit jardin en bordure du torrent. Les fenêtres de la chambre sont grandes ouvertes (avec moustiquaires) et laissent entrer l’air frais de la forêt avec le bruit de la cascade; on n’entend rien d’autre.
La connexion Intertnet de l’auberge fonctionne à merveille, Cécile achève de trier les photos du jour sur son ordinateur portable pendant que je mets la dernière main à ce texte depuis mon téléphone portable. La campagne japonaise, c’est toujours aussi zen, et après une grosse semaine de Tokyo, ça fait du bien !
Toutes les photos du 02/07 sont ici : http://www.photoways.com/album/55240634


URLs provisoires et non réutilisables en PHP
Pourquoi il faudrait dire “GNU/Linux” et pas “Linux tout court”
What’s inside a Verbatim JH8626 external USB hard drive?
Taking apart a Sony VAIO to replace the hard disk drive
le 2 July 2008 à 17:10 h
Voilà , les albums photos complets des trois derniers jours sont maintenant à jour et accessibles via des liens en bas de chaque billet quotidien.
Il y en a des centaines, de quoi s’immerger totalement.
Il me reste quelques petites vidéos amusantes des enfants et des photos parfois “décalées” de Mirabelle, on mettra tout cela en ligne plus tard au fur et à mesure…
le 2 July 2008 à 17:28 h
Ouf, après la frénésie de vos journée à tokyo, on a vraiment l’impression de respirer de l’air frais nous aussi en vous lisant!
Bisous (kissu), oyasuminasai!
Cécile
le 2 July 2008 à 17:55 h
Konbanha
Nikko sans personne dedans, c’est le rêve !
Les enfants ont l’air plutôt souriants et heureux, ça fait plaisir. La photo sous les singes, bien sûr, nous renvoie à nouveau quelques années en arrière.
Le Onsen fut-il apprécié de tous?
Cette chronique, décidément, n’aura d’autre effet que de me démobiliser de mon travail de relecture à la revue (on est en plein numéro spécial sur la Roumanie, moins oriental que le Japon!) Mais bon, comme on calcule avec Cécile :
plus que QUATRE fois dormir et hop…
Igor, merci de continuer à filmer les trains, tramways, roapways, cable car, shiden, toden, densha, chikatetsu en tous genres, pour tonton B., inconditionnel des chemins de fer.
Yann, les JR ne sont plus “nationaux” depuis notre tendre enfance. On était encore tous là -bas quand les JNR (Kokutetsu) se sont divisés en plusieurs JR, ça fait tout de même 20 ans au moins !
Enjoy the Gyozas…
Blimp.jr
le 2 July 2008 à 18:35 h
Nous sommes rassurés :la mini technologie japonaise a pemis de passer les messages Web(c’est le pied !,comme on dit à Tokyo)
Par ailleurs,les trois singes sont trés ressemblants;
Mais ATTENTION les vrais sont beaucoup plus redoutables que les corbeaux,ils sont habitués à voler les sacs entiers…
Bonne continuation…
BP
le 2 July 2008 à 18:47 h
Ah,j’avais oublié, bien sur, comme Blimp j’avais repéré l’errrrrrreur GRAVISSIME de croire que les chemins de fer japonais sont encore nationalisés alors qu’au grand dam des syndicalistses de SUD et de la SNCF en général ils sont effectivement privatisés depuis 20 ans ,parcequ’ils perdaient trop d’argent…Néamoins d’aprés la vidéo subtilement floutée d’Igor (par respect pour la vie privée)les chefs de gare ont encore leurs gants blancs.
Enfin losque l’on visite un pays etranger j’oserai faire la suggestion qu’il vaut mieux voyager en HAUT du wagon plutôt que dans la cave.Les murs en bèton embêtants paraissent moins haut..
En ce qui concerne les becs de canard :pas besoin d’aller au Japon, on en a dans le jardin de Berck.
Bises
BP
le 2 July 2008 à 19:37 h
Hallucination sonore ce midi dans le metro entre Mérode et Schuman: j’aurai juré que la petite voix me sussurait ‘marunaku, doa ga shimarimaskara, gochui kudasai’. Il est temps que je m’envole !!!
Cécie
le 2 July 2008 à 21:53 h
Les photos sont merveilleuses : on a l’impression d’entendre le bruit du torrent …
bon, j’avoue mon inculture et ma curiosité à propose des “80 jizôs à bavettes et bonnets tricotés en laine rouge”; le bonnet, c’est pour l’hiver mais pourquoi les bavettes ?
bises
Nathalie
nb : j’espère qu’igor a lu la réponse de Théo
le 3 July 2008 à 10:00 h
Yann-san,
Konnichiha
“Otanjobi omedetou gozaimasu.”
Gardez nous une part de gâteau au frais…
on arrive, on arrive (plus trois fois dormir, six fois se brosser les dents, un amraige à célébrer et une messe à présider).
J’attends de nouveaux films de train pour tenir.
Bonne fête ce soir !
Blimp.ratp
le 3 July 2008 à 10:18 h
Chére Nathalie,
la réponse est malheureusement que les Jizo représentent les enfants mort-nés ou avortés donc on leur fait porter des attributs de bébés:bonnet ,bavoir ,moulin à vent et autres babioles…
c’est joli mais c’est en fait trés triste.
Plus gai :hier soir sur Arte (pour les intellectuels) il y avait un reportage sur les trains japonais,presque aussi bien fait que celui d’Igor (mais un peu plus net).
BP a eu la présence d’esprit (kami) de l’enregistrer….ainsi que le suivant (émouvant)sur les KAMI-kaze ,eux aussi honorés comme des dieux,et comme les autres morts japonais des derniéres guerres englobés dans les héros de Yasukuni.
Grace à cela ,la soirée télé s’est terminée fort tard,sur la libération de l’héroîne franco-colombienne Ingrid Bettancourt…sa mére n’aura pas besoin de planter un Jizo dans un temple.
BP
le 3 July 2008 à 16:11 h
Yann: J’attendais le message du jour pour te dire O-tanjobi omedetoo!!! Mais rien encore à cette heure avancée donc soit la technologie vous a lachement laché, soit vous vous etes endormis sur votre triage de photos…
Bisous, plus que 3 fois dormiiiiiiiiiiiiiiiir!
Cécile